Le Swiss Data Science Center inaugure son siège au Biopôle
Le Swiss Data Science Center dispose désormais d’un siège au Biopôle de Lausanne. Lors de l’inauguration, le centre a mis en avant plusieurs projets menés avec des entreprises, des chercheurs et des institutions publiques, illustrant des applications concrètes de la science des données et de l’IA. Notamment pour la surveillance environnementale, la santé et la gestion d’infrastructures publiques.
Le Swiss Data Science Center (SDSC) dispose désormais d’un nouveau siège au Biopôle de Lausanne. Inauguré jeudi 12 mars, ce site constitue la première implantation indépendante de l’infrastructure nationale en science des données et en intelligence artificielle, jusqu’ici répartie entre ses institutions partenaires, l’EPFL, l’EPFZ et le Paul Scherrer Institute.
Fondé en 2017 au sein du domaine des EPF, le SDSC regroupe aujourd’hui environ 120 spécialistes. Ses équipes accompagnent universités, hôpitaux, entreprises et administrations publiques dans des projets liés à la collecte, la gestion et l’analyse des données, ainsi qu’au développement d’applications de machine learning. Le nouveau site lausannois comprend des espaces de travail, de formation et de rencontres. L’État soutient le SDSC à hauteur de 7,5 millions de francs sur la période 2024-2028 via le Fonds de soutien à l’innovation, piloté par le Service de la promotion de l’économie et de l’innovation (SPEI).
Plusieurs discours officiels ont rythmé l’inauguration de ces locaux flambant neufs et lumineux. Anna Fontcuberta i Morral, présidente de l’EPFL, Isabelle Moret, conseillère d’État vaudoise, et Nasri Nahas, directeur général du Biopôle, sont notamment intervenus aux côtés d’Olivier Verscheure. Le directeur exécutif du SDSC a souligné la vocation du centre à rapprocher recherche, entreprises et institutions publiques autour de la science des données et de l’IA. L’implantation au Biopôle permettra, selon lui, de renforcer ces synergies et favoriser l’innovation. «Nous avons voulu des lieux ouverts et collaboratifs, conçus pour faire travailler ensemble scientifiques, ingénieurs, cliniciens, entrepreneurs et acteurs publics», a-t-il déclaré.
Plusieurs projets mis en avant
Plusieurs projets pilotes ont déjà émergé. Le projet ENERBAT, par exemple, utilise des données techniques et géospatiales pour prioriser la rénovation du parc immobilier de l’État de Vaud afin de réduire les émissions de CO2.
En 2025, le SDSC a lancé un appel à projets annuel destiné aux entreprises et aux consortiums académiques et industriels basés dans le canton. Les projets retenus peuvent bénéficier d’un financement allant jusqu’à 125’000 francs, ainsi que d’un accompagnement technique du centre sous forme d’expertise, d’ateliers ou de coaching pour les organisations moins expérimentées en IA.
Parmi les lauréats de la première édition figure Rovailake, porté par Alien Revolution. Le projet combine drones aquatiques et machine learning afin de suivre et d’anticiper la prolifération de la moule quagga dans le Léman. AQVPA, mené par Virtuosis AI, s’appuie sur l’analyse vocale et l’IA pour détecter plus précocement les signes d’isolement ou de déclin cognitif chez les personnes âgées. MDTX, porté par ScaleUp Factory, s’attèle à déployer un modèle de langage médical open source. De son côté, BrainGPT, mené par Onward Medical, explore des interfaces cerveau-moelle épinière destinées à restaurer la motricité chez des patients atteints de lésions médullaires.
Mesurer le débit des rivières par analyse vidéo
Enfin, le projet Hydroscan, porté par AIMsight, a pour objectif de développer un système capable de mesurer le débit des rivières grâce à l’imagerie stéréoscopique et à des algorithmes d’analyse embarqués. Il s’agit de proposer un dispositif simple à installer, non intrusif et adapté à des environnements où les méthodes traditionnelles peuvent s’avérer coûteuses ou difficiles à déployer. Le principe repose sur l’analyse vidéo du cours d’eau. «Le système reconstruit la scène en 3D. Pour chaque zone du cours d’eau, on estime la vitesse d’écoulement et, en la combinant avec la géométrie observée, on peut ensuite calculer le débit», explique à la rédaction Marc Lany, CEO d’AIMsight. Une approche qui pourrait contribuer à combler le manque de données sur de nombreux cours d’eau en Suisse.
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