Logistique

La supply chain 4.0 passe par des flux de données intégrés

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L’optimisation de la production, des livraisons, de l’état des stocks pour réduire les coûts et mieux servir le client passe par un décloisonnement des flux de la supply chain. A l’image des projets présentés par Merck et Migros lors du GS1 Forum Suisse de la Logistique.

L'intégration des flux d'informations logistiques: première étape vers la Supply Chain 4.0. (Source: Fotolia)
L'intégration des flux d'informations logistiques: première étape vers la Supply Chain 4.0. (Source: Fotolia)

Fondée sur la connexion entre tous les systèmes de l’entreprise, la Supply Chain 4.0 se profile comme une démarche de gestion logistique au cœur du concept d’Entreprise 4.0. Dans une récente enquête, l’association GS1 Suisse constate que si les entreprises romandes s’y intéressent fortement, plus de la moitié attendent que le concept mûrisse avant de se lancer. Une minorité a néanmoins déjà franchi le pas. Les réseaux de capture d'information et les analyses en temps réel se développent dans un but de digitalisation intégrale des processus.

Merck teste le machine learning

Multinationale présente en Suisse romande via sa filiale pharmaceutique Merck Serono, le groupe Merck souhaite bénéficier d’une visibilité en temps réel d’un bout à l’autre de sa chaîne logistique. A l’occasion du dernier GS1 Forum Suisse de la Logistique à Lausanne, Christian Borel, Director Supply Chain Visibility and Digitization chez Merck, a notamment présenté le développement de la plateforme GMS Control Tower. Reposant sur le concept en vogue de «tour de contrôle de la chaîne logistique», cette solution décloisonne et centralise les flux d’informations de l’ensemble de la supply chain, avec comme objectifs de mesurer et visualiser en temps réel la demande des clients, d’anticiper cette demande et de prescrire de nouveaux modèles opérationnels. Merck a en outre mené des essais concluants d’affinage de ses modèles de prévisions de vente de médicaments. L’utilisation d’algorithmes de machine learning a ainsi permis d’augmenter de 10 à 15% la précision des prévisions sur une période d’un à trois mois, selon Christian Borel, pour qui ce gain n’a rien de négligeable dans l’optique de mieux gérer la production, les stocks et, au final, d’améliorer la qualité du service aux clients et aux patients.

Traçabilité des produits coordonnée chez Migros

A l’instar de Merck, la modernisation de la gestion de la supply chain chez Migros passe par un décloisonnement de la chaîne d’information, mais aussi par l’intégrité des informations nécessaires à la traçabilité des produits et emballages. Présent au forum GS1, Michel Carruzzo, responsable de projet EDI à la Fédération des coopératives Migros, a expliqué que pour relever ces défis logistiques, un système basé sur la norme EPCIS de GS1 et intégrant à la fois un code-barres et une puce RFID a été mis en place. Ces identifiants équipent la quasi-totalité des caissettes en plastique de réapprovisionnement des rayons. Avec ce système, le géant suisse de la grande distribution se donne la possibilité d’améliorer l’efficacité de l’échange d’informations d’un bout à l’autre de la chaîne. Comme présenté par Michel Carruzzo, le standard EPCIS permet d’observer les objets dans la supply chain et de répondre aux quatre questions de base quoi, quand, où et pourquoi: «Quel objet ai-je scanné, à quelle heure, où et que s’est-il passé avec cet objet?» Des informations précises et complètes pour optimiser, par exemple, la planification des livraisons. Mais également de fournir les KPIs utiles au processus de contrôle et aux analyses prévisionnelles.

La technologie RFID telle qu’utilisée par Migros est toujours plus adoptée par les entreprises romandes, selon l’enquête de GS1 Suisse. C’est également le cas des solutions et réseaux mobiles (tablette et smartphone pour les opérationnels, Machine to Machine) ou des plateformes cloud. En revanche, les robots, l’impression 3D, les véhicules autonomes et autres drones sont très peu ou pas du tout déployés. Causes invoquées: les coûts et le manque de savoir-faire technique à disposition.

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