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Le secteur du numérique est innovant, mais il est nécessaire d’agir

par Annika Bos, Swico

Neuf entreprises suisses sur 10 du secteur des TIC innovent. Le secteur du numérique est un moteur de l’innovation, y compris dans d’autres domaines. Néanmoins, le secteur est confronté à des écueils structurels: une nouvelle étude montre les obstacles à l’innovation de l’économie numérique et les mesures à prendre.

Annika Bos, Swico
Annika Bos, Swico

La Suisse est fière de détenir le titre de «championne du monde de l’innovation» depuis des années. Mais une nouvelle étude réalisée pour le compte du Secrétariat d’État à la formation, à la recherche et à l’innovation (SEFRI) par la FHNW, le KOF de l’EPFZ, l’Université de Saint-Gall et l’EPFL dresse un tableau plus nuancé en ce qui concerne l’activité d’innovation. Un avertissement, y compris pour le secteur du numérique. L’étude TIC «New Innovation Model in Switzerland», publiée début mars 2026, montre que le secteur du numérique est certes l’un des plus innovants de Suisse, mais cette capacité est menacée.

Des chiffres solides, mais des risques structurels

9 entreprises du secteur du numérique sur 10 sont innovantes. La branche est en constante mutation et favorise l’innovation dans tous les autres secteurs de l’économie. Les entreprises de matériel et de logiciels se démarquent tout particulièrement: plus de 80% des entreprises de matériel informatique font de la recherche et du développement en interne et environ la moitié sous-traitent également cette activité. La plupart des innovations sont progressives plutôt que radicales: les produits ou processus existants sont améliorés étape par étape, tandis que les technologies, marchés ou modèles commerciaux entièrement nouveaux sont rares.
 
Les entreprises interrogées citent le changement technologique comme le principal moteur de l’innovation, en particulier pour les modèles commerciaux basés sur les services, suivis par l’intelligence artificielle et le matériel plus performant. Le taux d’innovation élevé fait toutefois oublier un problème structurel: 

l’économie numérique risque de perdre son avance en matière d’innovation à long terme si certaines conditions-cadres ne changent pas.

La régulation comme frein

Le thème de la réglementation est le fil conducteur de l’étude: qu’il s’agisse de protection des données, de prescriptions relatives aux produits ou de réglementations du marché, les entreprises ressentent la densité croissante de la réglementation. Conséquences: augmentation des coûts et des besoins en personnel et incertitude juridique. Les PME sont particulièrement touchées, car elles n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à des exigences réglementaires complexes, contrairement aux grands groupes.

C’est dans le segment des télécommunications que l’impact est le plus fort: 

4 entreprises interrogées sur 5 font état d’une incertitude accrue, 73% d’une hausse des coûts de l’innovation. 

Innosuisse est appréciée, mais pas exploitée de manière optimale

L’encouragement public à l’innovation est globalement peu utilisé dans le secteur des TIC: seuls 14% des entreprises TIC interrogées ont bénéficié de subventions, dont 8,5% via Innosuisse. Dans ce contexte, l’agence de promotion est généralement vue comme un partenaire fiable. La critique porte moins sur l’institution que sur sa conception: manque de retours pour les demandes rejetées et soutien insuffisant dans le développement du modèle d’affaires et l’entrée sur le marché, en particulier dans le domaine de l’IA. En outre, selon l’étude, les sociétés de conseil et les hautes écoles en profitent de manière disproportionnée, ce qui conduit à un découplage entre la recherche académique et l’innovation dans le secteur privé.

Les exigences de la branche

Les expertes et experts interrogés dans le cadre des entretiens Delphi sur l’étude sont unanimes sur quatre points:
 

  • Premièrement, la réglementation doit être harmonisée et favoriser l’innovation; avec des approches basées sur les processus plutôt que sur des règles rigides.
  • Deuxièmement, il faut des instruments financiers plus simples pour toutes les phases de l’innovation. 
  • Troisièmement, les écosystèmes collaboratifs doivent être renforcés, en réduisant les obstacles pour les PME. 
  • Quatrièmement, la promotion des talents et la formation initiale et continue constituent un levier essentiel.

 
Swico le constate: la promotion de l’innovation et la réglementation doivent être adaptées à la réalité de l’économie numérique. Sinon, la Suisse risque de perdre son avance.

À propos de l’auteure

Annika Bos est Public Affairs Manager chez Swico, l’association des entreprises du numérique. Elle se spécialise dans l’analyse et la communication politiques. Outre le thème de l’innovation, elle s’intéresse également de près aux questions de cybersécurité et de résilience.
 

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