Clustergate-2

La start-up lausannoise DPhi Space lance une plateforme de calcul en orbite pour les développeurs

La start-up lausannoise DPhi Space, issue de l'EPFL, dévoile Clustergate-2, une plateforme de calcul embarquée sur satellite conçue pour exécuter des logiciels directement en orbite. Pour démontrer ses capacités, l’entreprise a fait fonctionner un LLM dans l’espace afin de générer automatiquement la description d’une image de la Terre.

Vue de la Terre capturée depuis l’orbite. (Source: DPhi Space)
Vue de la Terre capturée depuis l’orbite. (Source: DPhi Space)

La start-up lausannoise DPhi Space, issue de l’écosystème de l’EPFL, lance Clustergate-2, une plateforme de calcul embarquée sur satellite accessible aux développeurs. Pour sa première démonstration, l’entreprise a exécuté le LLM Liquid AI LFM2-3B directement en orbite afin de générer une description automatique d’une image de la Terre.

Clustergate-2 a été lancé fin mars via la mission SpaceX Transporter-16 et est hébergé sur le satellite Vigoride-7 de Momentus. Lors des premiers tests, le satellite a transmis une image terrestre au serveur spatial, qui l’a analysée avec le modèle Liquid AI avant de générer la phrase suivante: «Cette image est une vue rapprochée, très détaillée de la Terre observée depuis l’espace.»

Cette démonstration s'inscrit dans l'objectif affiché par DPhi Space: permettre l'exécution de logiciels et de modèles d'intelligence artificielle avancés, directement à bord des satellites. Les capteurs embarqués produisent aujourd'hui davantage de données que les satellites ne peuvent en transmettre. En rapprochant le calcul du capteur, l'entreprise cherche à réduire la latence, optimiser la bande passante et sélectionner plus rapidement les informations réellement utiles.

Une infrastructure pensée comme un cloud orbital

Clustergate-2 embarque deux processeurs ARM quad-core A53 avec 4 Go de RAM chacun, un FPGA SYNC Ultrascale Plus programmable, un GPU NVIDIA fourni par EdgeX ainsi que plusieurs téraoctets de stockage redondant, selon une vidéo de présentation technique de l'entreprise. Les processeurs sont connectés via Ethernet et l’architecture permet aux développeurs de déployer des applications conteneurisées dans l’espace selon une logique proche du cloud terrestre.

La plateforme donne également accès aux charges utiles via une API simple, notamment pour traiter directement les données issues de capteurs comme l'imagerie fisheye. La documentation technique et les tarifs sont disponibles publiquement afin que les développeurs puissent démarrer sans contact commercial préalable. Tous les composants, à l'exception du GPU externe, sont conçus et assemblés en interne par l'entreprise, après validation par des tests de vibration simulant le lancement et des essais en chambre à vide thermique.

Premiers cas d’usage

«Clustergate-2 est une première étape vers une constellation équipée d’infrastructures de calcul», explique Aziz Belkhiria, CEO et cofondateur. «Notre objectif est de supprimer les frictions liées au déploiement de logiciels dans l’espace».

Parmi les premiers cas d’usage cités par l’entreprise figurent le chiffrement post-quantique, la détection d’objets par IA, l’exécution de LLM open source sur des données de payload et l’analyse d’imagerie embarquée. DPhi Space coorganise également un hackathon avec Liquid AI jusqu’au 8 mai pour explorer ces applications, notamment la détection d’anomalies maritimes et l’identification d’activités minières illégales.

Selon DPhi Space, ClearSpace figure parmi les premiers utilisateurs suisses du service. Cette mission succède à Clustergate-1, première version de la plateforme testée en orbite. L’entreprise prépare désormais Omnisat, son futur satellite destiné à étendre ses capacités de calcul spatial.

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