Sécurité

Les lunettes des policiers chinois reconnaissent les criminels

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La police ferroviaire chinoise a testé avec succès des smartglasses capables d’identifier les criminels dans une foule d’un simple regard. Satisfaites, les autorités comptent désormais étendre leur utilisation.

Une officier de police cherchant d'éventuels fugitifs dans la foule de voyageurs de la gare de Zhengzhou. (Source: people.com.cn)
Une officier de police cherchant d'éventuels fugitifs dans la foule de voyageurs de la gare de Zhengzhou. (Source: people.com.cn)

Deux articles publiés les 6 et 7 février par l’agence de presse China News Service (détenue par le gouvernement chinois) vantent les mérites de l’utilisation par la police de lunettes connectées pour l’identification de criminels.

Testés par la police ferroviaire de la ville de Zhengzhou (province du Henan, centre-est de la Chine), ces smartglasses auraient déjà permis de capturer sept fugitifs impliqués dans des kidnapping ou délits de fuite et de repérer 26 personnes utilisant de faux papiers. «Les informations faciales saisies par les lunettes sont envoyées à une base de données pour comparaison avec les informations que nous avons sur la liste des suspects recherchés», a déclaré Zhang Xiaolei, un responsable de la communication du Département de la sécurité publique du Henan au tabloïd chinois Global Times. S'il y a concordance, des renseignements tels que le nom et l'adresse de la personne sont alors transmis à l'agent. Auparavant, des prises de vue du visage sous différents angles étaient nécessaires pour parvenir à identifier un individu, avec cette nouvelle technologie, une seule image suffit s’est enorgueilli le fonctionnaire.

Une gigantesque base de données

Interviewé par le Wall Street Journal, le PDG de l’entreprise LLVision Technology à l’origine de ces lunettes assure de son côté que son produit ne met que 100 millisecondes à retrouver quelqu’un dans une base de données comprenant 10000 profils.

Satisfaites de cette expérimentation, les autorités ont décidé qu’elles scanneront ainsi les 120000 passagers qui transiteront par la gare de Zhengzhou à l’occasion du pic de trafic attendu pour les festivités du nouvel an chinois (L'année du Chien de Terre commencera le 16 février 2018).

Une “innovation” qui doit faire se retourner George Orwell dans sa tombe, surtout lorsque l’on sait que la Chine a équipé l’ensemble de son territoire de 170 millions de caméras de surveillance et compte en déployer 400 millions supplémentaires dans les trois ans afin de pouvoir reconnaître chacun de ses 1,379 milliards de citoyens… Citoyens qu’elle note sur leurs «bons» et «mauvais» comportements en fonction de l’origine de leurs achats, leurs publications sur les réseaux sociaux ou encore du respect du feu piéton aux passages cloutés.

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