Décision du Conseil national

Les associations TIC dépitées après le oui au blocage des casinos en ligne

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Le Conseil national a accepté le blocage réseau des jeux d’argent en ligne basés à l’étranger. En dépit des arguments des associations TIC qui craignent un précédent.

(Source: Pexels/CC0)
(Source: Pexels/CC0)

Le Conseil national a suivi le Conseil des Etats et décidé à 147 voix contre 32 (7 abstentions) de bloquer en Suisse l’accès aux jeux d’argent en ligne basés à l’étranger. Une décision prise à l’encontre des recommandations des lobbys de la branche TIC suisse. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la révision de loi fédérale sur les jeux d’argent. L’objectif annoncé des autorités fédérales étant notamment de protéger les citoyens contre la dépendance au jeu, ainsi que de lutter contre le blanchiment d’argent et la manipulation de compétitions sportives.

 

S’engageant d’une façon générale contre tout blocage d’internet ordonné par l’Etat et militant en faveur de la liberté de la recherche, de la mise en réseau et du développement technologique, l’association faîtière ICTswitzerland et les associations économiques asut et Swico ont combattu cette mesure, argumentant: «Les blocages Internet rendent le réseau Internet moins sûr, moins fiable, tout en étant inefficaces dans la pratique. Les navigateurs Internet modernes offrent maintenant déjà la possibilité de désactiver en quelques clics et de manière entièrement gratuite les blocages réseau.»

 

Suite à la décision du Conseil national, les réactions n’ont pas tardé, notamment sur Twitter. Président d’ICTswitzerland, Marcel Dobler a tweeté: «Internet libre R.I.P. Quel blocage va suivre?» Des mots qui résument en quelque sorte la position des pourfendeurs de cette mesure, qui voient là un dangereux précédent d’utilisation par l’Etat du blocage réseau comme outil de régulation.

 

 

 

Même son de cloche du côté du Parti Pirate Suisse (PPS), qui déclare dans une réaction officielle: «La brèche ainsi ouverte attise les pires craintes du Parti Pirate quant à la multiplication de l’utilisation de cet outil de censure!»

 

Contacté par la rédaction, Jean-Marc Hensch, directeur de swico, commente: «La déception est gigantesque mais on pouvait malheureusement s’y attendre. J’estimais récemment à 40% les chances que la mesure de blocage réseau ne passe pas. Au final, le verdict est hélas sans appel. Un référendum est toujours possible mais j’ai le sentiment que le camp adverse est trop fort pour qu’il aboutisse. La seule chance est de voir une force politique majeure le porter. Dans ce cas, bien sûr, swico suivra.»

 

 

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