Baromètre des banques EY 2017

La gestion de fortune et le conseil bouleversés par le changement structurel du secteur bancaire

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Selon le Baromètre des banques EY 2017, les activités de gestion de fortune et de conseil en placement seront les plus bouleversées par le changement structurel du secteur. L'étude montre que la perception des banques à l’égard du digital n’a guère évolué.

Le Baromètre EY montre que la perception des banques à l’égard du digital n’a pas évolué. (Source: Fotolia)
Le Baromètre EY montre que la perception des banques à l’égard du digital n’a pas évolué. (Source: Fotolia)

Près de neuf banques interrogées en Suisse sur dix s'attendent à des bouleversements dans la chaîne de création de valeur. Et pour un tiers d’entre elles, ce changement structurel va fortement bouleverser les activités de gestion de fortune et de conseil en placement. Ce constat émane du baromètre des banques 2017 du cabinet Ernst&Young (EY). Ce dernier a interrogé 120 banques en Suisse. L'étude montre que les banques souffrent d'un déclin de leur productivité. En proie à une diminution des revenus et malgré une réduction du personnel entre 2000 et 2015, le secteur bancaire enregistre un chiffre d'affaire par collaborateur en baisse de 8%. En comparaison, l'industrie alimentaire présente une valeur en hausse de 70%.

Malgré le changement structurel et les problèmes de rentabilité, la majorité des banques continuent d'avoir un avis positif sur l'évolution des affaires. Huit banques sur dix ont obtenu de bons résultats opérationnels durant les douze derniers mois. Et près de sept d’entre elles tablent encore sur de bons résultats pour l'année en cours. Et pour s'en sortir l'amélioration de l’efficacité, l'optimisation des processus et industrialisation, la cybersécurité ainsi que des investissements dans le digital figurent dans les premières priorités des banques.

Aucune évolution dans la perception du digital

Le Baromètre montre que la perception des banques à l’égard du digital n’a pas évolué. Deux tiers des établissements pensent que le cœur de leur activité demeure et que la digitalisation n'est d'abord qu'un canal de distribution supplémentaire. «Aujourd'hui nous ne voyons que la pointe de l'iceberg: la digitalisation aura des répercussions fondamentales sur les stratégies, les modèles d'affaires et les processus commerciaux, juge pour sa part Stéphane Muller, leader régional, responsable pour les services financiers d’EY en Suisse Romande. Il ne s'agit en l'occurrence pas seulement de canaux de distribution complémentaires mais de défis essentiels liés à l'interface client et à la coopération avec les réseaux de création de valeur. La digitalisation simplifie l’entrée sur le marché des concurrents externes et peut encore affaiblir la fidélité des clients, qui est déjà en baisse depuis des années.»

Toujours dans le domaine digital, les banques commencent d'ailleurs à sentir la pression des concurrents externes au secteur. Plus de deux tiers des établissements s'attendent à ce que leur position sur le marché soit menacée par les nouvelles technologies, par les entreprises informatiques et par les prestataires externes à la branche. «Pendant longtemps, les banques n'ont pas pris au sérieux le danger que constituaient les concurrents externes à la branche, explique Stéphane Muller. La réalité est différente: les premiers prestataires externes à la branche apparaissent sur le marché et entrent en concurrence pour des éléments choisis de la chaîne de création de valeur des banques. L'évolution technologique et des exigences réglementaires à prévoir pour l'Open banking simplifient l'entrée sur le marché. Cela accroît la pression concurrentielle.»

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