Interview

Christian Mugg, Swisscom: «L’Enterprise Service Cloud met l’accent sur l’informatique hybride et l’intégrabilité»

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Swisscom complète sa gamme cloud avec l’Enterprise Service Cloud, une offre de cloud public et virtual private pour entreprises, ainsi qu’une mouture spécialement conçue pour les workloads SAP. L’opérateur prépare aussi des services managés pour Azure et AWS. En entretien exclusif avec ICTjournal, Christian Mugg, Head of Product Management Cloud & Datacenter Services, détaille les nouvelles offres et la stratégie cloud de Swisscom.

Christian Mugg, Head of Product Management Cloud & Datacenter Services chez Swisscom (Source: Netzmedien)
Christian Mugg, Head of Product Management Cloud & Datacenter Services chez Swisscom (Source: Netzmedien)

Vous annoncez plusieurs nouvelles offres cloud pour entreprise. Pour quels motifs?

J’aimerais d’abord contextualiser les raisons qui poussent Swisscom à offrir des services cloud. Nous observons, sur le marché des entreprises suisses et internationales, un vaste mouvement de numérisation et nous sommes convaincus que l’IT est un facteur central de cette transformation. A condition que l’informatique gagne en agilité, en vitesse et en efficacité, et nous estimons que le cloud est l’élément central pour y parvenir. Dès lors, il est naturel que nous développions une offre cloud, sachant que nous avons à la fois les compétences requises et une compréhension des besoins des entreprises locales.

Le domaine du cloud est très vaste et vous avez déjà plusieurs offres dans le domaine. Ne répondaient-elles pas aux besoins actuels des entreprises?

Nous proposons déjà avec succès deux produits d’infrastructure cloud: les Dynamic Computing Services (DCS) qui enregistrent quelque 250'000 utilisateurs quotidiens et l’Application Cloud dans le domaine du PaaS sur lequel travaillent environ 8'000 développeurs. Les deux nouveaux produits viennent compléter cette offre. D’abord l’Enterprise Service Cloud (ESC) qui est conçu pour s’intégrer avec les environnements IT des entreprises dans une approche hybride. Et l’Enterprise Cloud for SAP solutions, une plateforme certifiée dédiée aux workloads SAP. Nous allons par ailleurs lancer cet automne une offre de services managés pour les clouds d’Amazon et de Microsoft.

Qu’est ce qui distingue l’Enterprise Service Cloud des Dynamic Computing Services au niveau de son utilisation et de son socle technique?

L’Enterprise Service Cloud met l’accent sur l’informatique hybride et l’intégrabilité dans des environnements complexes: intégration avec le réseau, avec les autres systèmes, avec l’Active Directory, la sécurité, etc. C’est donc une offre toute différente de Dynamic Computing qui se caractérise par la possibilité d’acheter et d’obtenir un serveur virtuel en quelques clics de façon standardisée. Au niveau technique, les deux cloud reposent sur VMware: vCloud Director dans le cas de Dynamic Computing et vRealize pour l’Enterprise Service Cloud.

Aurez-vous des prix fixes pour l’Enterprise Service Cloud?

Oui, absolument. Notre grand défi en tant que prestataire de services cloud consiste justement à trouver des synergies et à standardiser les composants de nos diverses plateformes. Donc oui, nous aurons bel et bien une liste de prix et une base de tarifs horaires.

S’agit-il des mêmes équipes qui opèrent ces différents environnements cloud?

L’ensemble du programme cloud est géré de manière agile en suivant le cadre SAFe (Scaled Agile Framework). Chaque plateforme dispose donc d’une équipe produit dédiée qui la gère intégralement, depuis l’analyse des feature requests et les releases mensuelles, jusqu’aux opérations avec une organisation DevOps.

Allez-vous proposer des services autour de ces nouvelles offres cloud?

Oui, nous allons ultérieurement proposer des offres spécifiques standardisées «XaaS» bâties sur Enterprise Service Cloud, par exemple pour Active Directory, ou pour SQL Server. Ensuite de quoi, nous allons développer des services managés pour ces solutions avec différents niveaux de service (SLA). C’est aussi là que nous pouvons nous différencier et apporter de la valeur en nous appuyant sur notre expérience dans l’outsourcing.

Les entreprises peinent-elles à opérer les environnements cloud par leurs propres moyens?

Cela dépend des entreprises. Certaines ont une idée claire du cloud, de ses atouts, de son fonctionnement et tiennent à opérer elles-mêmes ces environnements. D’autres, qui viennent plutôt de l’outsourcing, ont des attentes différentes à l’égard de ce que le fournisseur prend en charge. En fin de compte, le besoin business est le même; ce qui change c’est la position du fournisseur dans la chaîne de valeur. L’essentiel pour nous c’est de pouvoir répondre à ces différents degrés de prestation à partir d’une seule et même fabrique. Même dans l’outsourcing complet, le client doit pouvoir profiter de l’agilité que procure le cloud.

Vous lancez une offre cloud pour les environnements SAP. Pourquoi ce produit séparé et pour quels usages?

Nous sommes persuadés que d’autres facteurs jouent à l’heure de choisir le mode cloud ou le type de sourcing d’un environnement SAP. La plateforme technique doit répondre à d’autres contraintes - je pense notamment à l’overbooking - et la certification exige de remplir des critères particuliers. Il s’agit donc de la même infrastructure qu’ESB mais configurée différemment. Pour commencer, nous lançons une offre en self-service, particulièrement adaptée à nos clients d’outsourcing SAP. Il s’agit de proposer des services automatisant certaines tâches typiques des équipes opérant un environnement SAP, comme le clonage d’une base de données ou la gestion de l’OS.

Vous allez également proposer plus tard dans l’année des services managés pour AWS et Azure. Quelle est votre stratégie avec ces offres autour de services cloud tiers?

Il y a une dynamique forte sur le marché pour les clouds d’Amazon, de Microsoft et des autres hyperscalers, qui innovent à un rythme rapide, difficile à égaler pour un opérateur suisse. En proposant des services managés pour AWS et Azure, nous sommes néanmoins en mesure d’intégrer les atouts de ces clouds dans notre portefeuille. Nous avons d’ailleurs recruté de nombreux ingénieurs et architectes dédiés à ces plateformes. Notre force réside dans la combinaison de toutes ces formes de cloud associée à un ancrage et à une expertise locale.

Quel retour financier attendez-vous de tous ces investissements dans le cloud?

Je ne peux pas vous donner de chiffres. Mais le cloud est clairement un moteur de croissance et je pense que les profits que nous réalisons avec nos diverses plateformes cloud d’entreprise devraient tripler dans les deux ans.

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