Run code, not servers

L’essor des solutions cloud «serverless»

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AWS vient de lancer deux solutions, l’une pour les bases de données, l’autre pour les containers, ayant en commun d’être labellisées «sans serveur». Egalement proposées par d’autres fournisseurs, les plateformes serverless sont en plein essor et promettent de changer profondément la manière d’employer le cloud et de développer des applications pour le mobile ou les objets connectés.

(Source: HAL / Fotolia.com)
(Source: HAL / Fotolia.com)

Amazon vient de dévoiler Aurora Serveless, une version «sans serveur» de sa base de données relationnelle éponyme compatible MySQL et PostgreSQL. Avec Aurora Serverless, il n’est plus nécessaire de gérer la capacité de la base de données, car celle-ci se configure automatiquement et en continu (on/off, scale up/down) en fonction des besoins. Les parties calcul et stockage étant séparées, l’utilisateur ne paie ainsi que le stockage lorsqu’aucune capacité de calcul n’est employée.

Amazon a également lancé Fargate, une solution pour containers, elle aussi en mode serverless faisant entièrement abstraction de l’infrastructure sous-jacente. «Pour le dire simplement, Fargate est comme EC2 sauf qu’au lieu d’obtenir une machine virtuelle, vous obtenez un container», explique Amazon. Il suffit de créer l’image du container, de spécifier ses besoins en CPU et en mémoire, de définir les politiques réseau et et d’accès et de le lancer.

Run code, not servers

Aurora Serverless et Fargate ne sont pas les premiers services «sans serveur» disponibles sur AWS. Sa solution la plus connue est Amazon Lambda, lancée en 2014, qui permet d’exécuter du code sans provisionner ni gérer des serveurs virtuels. Selon Amazon, des centaines de milliers de clients l’utilisent et Lambda enregistre une croissance annuelle de 300%. Une adoption grandissante qui a convaincu d’autres fournisseurs cloud de lancer leurs propres services fonctionnels: Google Cloud Functions, IBM Cloud Functions basé sur Apache OpenWhisk, Microsoft Azure Functions, Oracle Fn.

Particulièrement adaptées aux applications web, backend mobiles et autres IOT, les solutions serverless et Function-as-a-Service (FaaS) ont en commun qu’elles permettent d’exécuter directement du code (fonctions) ou de déclencher des services en backend (authentification, requête BD, call API, etc.) à la demande, suite à un événement (par exemple un clic sur une app mobile). Avec deux bénéfices importants: premièrement, les DevOps n’ont plus à se soucier de configurer et d’ajuster les serveurs virtuels sur lesquels tournent les microservices et fonctions composant leurs applications. Deuxièmement, l’entreprise est facturée à l’usage, c’est-à-dire uniquement durant les brefs moments où le code est sollicité - avec un potentiel d’économies très important. Le tarif du service Lambda d’Amazon est par exemple basé sur 100 millisecondes, alors que les tarifs pour une VM se calculent en général en heures ou en minutes.

Un nouveau paradigme dans le cloud et le développement

Beaucoup voient dans le serverless un nouveau paradigme dans le cloud et les architectures applicatives, à l’instar d’Andrew Jassy, directeur général d’AWS, qui estime que beaucoup d’entreprises vont sauter les instances et les containers et passer directement au serverless. «Les équipes ont le sentiment que si l’on démarrait Amazon aujourd’hui, on le ferait avec Lambda et nos autres capacités serverless», confie le responsable dans une interview à Silicon Angle. Parmi les avantages du modèle, Jassy cite le fait de ne pas avoir à s’occuper des serveurs ou de ne pas avoir à trouver comment créer des applications robustes sur plusieurs zones de disponibilité.

Même enthousiasme du côté de Microsoft. «Nous assistons à un changement spectaculaire dans la manière dont nos clients utilisent la plateforme Azure et développent de nouvelles applications, explique Corey Sanders, Directeur d’Azure Compute en entretien avec The Next Platform. C’est vraiment une évolution dans le développement et les plateformes, après le on-premise, puis l’infrastructure-as-a-service, puis le platform-as-a-service, on passe maintenant aux plateformes serverless». Outre le fait de ne pas avoir à se soucier des serveurs, il relève également l’avantage économique de la micro-facturation qui permet de ne payer que pour les secondes d’utilisation et uniquement pour les capacités CPU et mémoire utilisées. Autre atout, le fait que les plateformes serverless soient event-driven et que les services s’activent en réponse à un objet connecté ou à l’action d’un utilisateur sur une app.

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