Industrie 4.0

Les leviers de l’internet industriel

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La plupart des entreprises industrielles se tournent vers l’internet des objets pour rationaliser leurs processus et infrastructures. Conscientes des défis qui les attendent, elles s’appuient sur des fournisseurs ICT pour tirer au mieux profit du potentiel de ces technologies.

(Source: Ramon Portelli / iStock.com)
(Source: Ramon Portelli / iStock.com)

En Europe, près de trois quarts des entreprises industrielles prévoient d’investir davantage dans le domaine de l’internet des objets pour l'industrie (IIoT) d’ici 2020. Issue d’un récent rapport du cabinet de consulting Pierre Audoin Consultants, cette prédiction illustre à quel point ce secteur a aujourd’hui pris conscience du potentiel de la transition vers l'industrie 4.0 et de l’éventail de technologies IoT que ce concept enveloppe: capteurs connectés, cloud, intelligence artificielle, big data, communication Machine-to-Machine, etc. Une évolution à même de rationaliser processus et infrastructures, avec entre autres la promesse d’une réduction des coûts d'exploitation.

Selon plus de deux entreprises sur trois interrogées pour l’étude de PAC, le potentiel d’économie apparaît comme le principal levier d'adoption de l’IoT par les industries. L’amélioration de l’optimisation du planning, de la sécurité ou de l’environnement sont considérés comme moins importants. En revanche, les entreprises industrielles se montrent passablement motivées par la possibilité d’améliorer la qualité des produits existants, ainsi que par celle de pouvoir mettre au point de nouveaux produits et services davantage adaptés aux besoins de clients théoriquement toujours plus faciles à cerner. Du côté des freins à la digitalisation des infrastructures industrielles, la sécurité des données et les préoccupations concernant la confidentialité sont citées par plus de 70% des entreprises.

La moitié des entreprises industrielles collaborent avec des firmes ICT

Or, pour tirer profit de l’IoT et exploiter les technologies numériques à bon escient, les entreprises industrielles admettent avoir besoin d’un coup de pouce. En Europe, toujours selon l’étude de PAC, la moitié d’entre elles, en moyenne, travaillent dans cette optique avec des entreprises de services informatiques et de conseil. Pour la Suisse et l’Autriche, cette proportion est encore plus élevée et atteint 77%. Conscients du soutien qu’ils peuvent apporter aux entreprises du secteur, des fournisseurs

TIC et cabinets de conseil misent depuis quelques temps sur le marché de l’internet des objets industriels. Dont Microsoft, qui dès 2015 a taillé son cloud en vue d’exploiter au mieux l’IoT. Une offre que la firme de Redmond étoffe progressivement, comme dernièrement avec Connected Factory, une solution intégrant différentes pré-configurations pour connecter à une infrastructure IoT des périphériques d'usine connectés, tout en assurant la possibilité de les configurer en toute sécurité.

Les acteurs historiques du secteur se réinventent

Certains grands groupes industriels ont compris l'intérêt de collaborer avec les fournisseurs TIC pour se redéfinir en fournisseur de services et de solutions fondées sur le principe de l’usine connectée. A l’image de groupe suisse ABB (lire interview) qui, après avoir déployé sur Microsoft Azure une plateforme cloud pour de multiples segments industriels, a conclu il y a quelques semaines un partenariat avec IBM. Objectif: étoffer le portefeuille de solutions et services digitaux ABB Ability en exploitant les capacités d’intelligence artificielle et de machine learning d’IBM Watson. Le cloud Azure a par ailleurs également suscité l'intérêt de General Electric (GE) qui y a porté Predix, sa plateforme dédiée à l'internet des objets industriels.

Le fabricant allemand Bosch a quant à lui pris soin de doper son PaaS Bosch IoT Cloud avec la technologie d’un fournisseur IT compatriote, à savoir la plateforme de gestion de données SAP HANA basée sur la technologie in memory. Le cloud de l’équipementier peut ainsi se doter de fonctions avancées d’analyse des informations récoltées par des capteurs et de la possibilité de contrôler un réseau d’objets connectés. Concrètement, il s’agit de connecter l’ensemble de la chaîne de fabrication des pièces automobiles, du simple tournevis au robot de montage. L’objectif annoncé par Bosch étant de parvenir à économiser un milliard d'euros d'ici 2020.

Les cabinets de conseil au service de la digitalisation des usines

Des initiatives conjointes entre groupes industriels et cabinets de conseil spécialisés dans le numérique ont également vu le jour. A l’instar de Siemens et Atos, qui l'automne passé ont accentué une collaboration initiée en 2011 en proposant une offre de cybersécurité spécialement taillée pour les entreprises industrielles. L’offre englobe des outils tels que des pare-feux ou des solutions de surveillance continue des systèmes de production. Plus récemment, c’est Schneider Electric qui a noué un partenariat avec un cabinet de conseil. Mis en place avec Accenture, la Digital Services Factory est décrite comme une usine virtuelle de prototypage rapide, reposant notamment sur des données analysées issues des millions d’appareils connectés au sein de l’infrastructure du groupe français.

Alors que plusieurs grands groupes industriels se muent en fournisseurs de produits et services sur leur secteur, leurs offres disparates ne reposent pas encore sur des standards universels. Aux côtés de la problématique de la sécurité des données, il s’agit là d’un autre frein à la transition vers l’Industrie 4.0. Différentes initiatives ont ainsi vu le jour en vue de standardiser ces technologies, notamment du côté de Bosch et de Schneider Electric. Sur ce point, le CDO d’ABB Guido Jouret fait sur remarquer dans son entretien avec ICTjournal que la question de l’interopérabilité entre équipements de fournisseurs concurrents se plaçait effectivement au cœur des préoccupations des entreprises du secteur.

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